Journal d’un Proctologue d’Hervé Heurtebise

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Résumé du livre :

On devient proctologue par hasard, je ne connais pas un enfant qui voudrait le devenir une fois devenu adulte. J’imagine d’ici la scène du bambin annonçant à ses parents :
« Moi, quand je serai grand, je veux être proctologue !
— Tu veux être quoi ?!?
— J’veux être proctologue, j’veux que les gens s’agenouillent devant moi et moi, je leur mettrai des doigts dans le trou des fesses ! »
À coup sûr, l’enfant qui dirait cela finirait sans tarder chez le pédopsychiatre. Je n’étais pas cet enfant-là, moi je voulais être chirurgien, je voulais opérer des cœurs.

Ainsi commence le journal de ce médecin que d’aucuns décrivent comme « blasé, cynique et drôle ». S’il semble tout mettre sur un même plan, on comprendra qu’il y a deux choses qui comptent plus que tout dans sa vie : sa fille Léa et ses patients.

Le sport ne sert à rien. Comment peut-on porter un jugement aussi abrupt que péremptoire ? Le sport, les médecins vous le diront, c’est bon pour la santé. Oui mais…

Céline est éreutophobe. Non, elle n’est pas, clame-t-elle, érotomane ni encore moins nymphomane ! L’éreutophobie, c’est la peur de rougir, en public, pour un rien. Et, dans son cas, ce n’est pas juste une peur, elle rougit à la moindre occasion.

Mon avis :

Cet après-midi mon chéri a passé une coloscopie en  ambulatoire. Du coup, me sentant solidaire, je me suis plongée dans le recueil de nouvelles d’Hervé Heurtebise. Alors que mon homme pétaradait suite à l’air insufflé dans son arrière-train, j’étais « pété » de rire à la lecture de la première nouvelle, « Journal d’un proctologue ».

Il est bien évident qu’il n’est pas nécessaire d’être dans la salle d’attente de son gastro-entérologue pour dévorer ce petit chef-d’œuvre. Précision faite (on n’est jamais trop prudent)  je me lance :

Ca démarre très fort avec un bref mais intensif cours d’astrophysique. Et là,  l’expression « tous les chemins mènent à Rome » prend tout son sens. Je me suis régalée du quotidien de ce médecin, écrit sous forme de journal. Les mots fusent, c’est direct, drôle, cynique, décapant. Un chat qui s’appelle Prépuce, car son  « copain de fac avait appelé le sien comme cela ». J’entends alors l’auteur me dire en ronchonnant : « N’attends pas d’explication métaphysique ou subliminale sur le choix du nom du chat c’est comme ça, un point c’est tout ». La plume d’Hervé Heurtebise va à l’essentiel, sans concession, sans chichi ni « pompe à folklore » intellectuelle,  et c’est en fait, tout ce que j’aime.

La seconde nouvelle, « Le sport » est très rapide et très rythmée, j’ai suivi le parcours de ce jeune garçon en essayant de ne pas perdre mon souffle.  De quoi hésiter à faire quelques étirements en fin de lecture. Encore une fois, un récit net et précis, toujours dans l’essentiel.

Enfin dans la dernière nouvelle « Le rouge aux joues » l’auteur aborde une phobie sociale qui touche généralement les adolescents. Je me suis glissée facilement dans la peau et dans la vie de cette adolescente, concernée par les épreuves qu’elle traverse. Le style est toujours pertinent, carré avec un « happy end » qui tranche avec les deux premières nouvelles.

J’ai lu ici ou là que certains lecteurs regrettaient que ces nouvelles soient trop courtes. Ce n’est pas mon cas, c’est d’une plume acérée, caustique, drôle et parfois pleine de tendresse qu’Hervé Heurtebise dessine des moments de vie,  de la souffrance aux petits bonheurs de personnages parfois sans nom. Des tranches de vie d’anonymes, la mienne, la votre, celle de nos voisins… Un recueil qui percute !

Alors ce que j’espère c’est encore des nouvelles, plus de nouvelles, toujours des nouvelles,  des pavés de nouvelles de l’excellent Hervé Heurtebise qui excelle dans ce domaine.

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